Les racines des arbres

Le rôle du système racinaire des arbres est multiple. Mécanique comme ancrage, physiologique car absorbeur d’eau et nutriments, lieu de stockage d’énergie ainsi qu’un rôle de respiration.

Temps de lecture : 6 minutes

Les racines des arbres

Marron et racines

Pousse racinaire d’un an d’un marron qui deviendra marronnier.

Quels sont les rôles des racines des arbres ? Dès la germination de la graine, les racines ont une importance prépondérante dans la vie des arbres. Dégageons la terre et creusons le sujet. Cassons le mythe d’entrée si vous le voulez bien :

En moyenne et dans nos régions, 80% des racines d’un arbre se trouvent dans les 80 premiers centimètres du sol.

Comprenez bien cette phrase. La majeure partie des racines sont donc en surface. Et non, les arbres n’ont pas de racines qui plongent dans les profondeurs de la terre afin de s’ancrer à la manière d’un navire. S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de cette article ce serait cela ! Et pourquoi ?

Le rôle du système racinaire est multiple. Mécanique comme ancrage, physiologique car absorbeur d’eau et nutriments, lieu de stockage d’énergie ainsi qu’un rôle de respiration.

 

Un ancrage défiant les tempêtes

Si les premières racines pivots s’ancrent profondément dans un 1er temps, elles ont rapidement tendance à chercher l’horizontalité. Elles s’agrippent au sol, entre elles, et aux éléments rencontrés afin de maintenir l’arbre sur pied. L’arbre ressent les forces qui sont exercées sur son houppier et adapte la croissance de son système racinaire en conséquence. Cependant, le type et les conditions de sol ainsi que les caractéristiques de chaque essence vont avoir un impact sur l’architecture de ses racines.

 

Un perpétuel ravitaillement

La lourde tâche d’approvisionner l’arbre en éléments nutritifs, en eau

Système racinaire

Système racinaire à 5 cm en dessous du niveau du sol.

et en oxygène revient aux racines fines. Ces dernières se développent dans les 30 premiers centimètres sous le niveau du sol afin de capter tout ce qui est nécessaire au bon développement de l’arbre.

Tout juste visible à l’œil nu, elles sont aussi fines qu’un cheveu. Elles poussent jusque bien au-delà de l’aplomb de la couronne de l’arbre. Il a été découvert qu’en moyenne, chez les arbres adultes qui ont suffisamment de surface à disposition, ce réseau peut atteindre un rayon de deux à trois fois celui du houppier.

 

Zone de stockage, d’échange et de communication

L’arbre stocke dans les racines des réserves, principalement sous forme de sucre, d’amidon, de protéines et de lipides. Le but est d’en profiter à des moments précis, durant sa croissance ou encore en été, lors de stress hydrique et de périodes compliquées.

Les racines sont les premiers acteurs d’un long transport, elles absorbent les éléments et les acheminent jusqu’à la base du tronc. Celui-ci sera capable de transporter la sève dite brute jusqu’à la cime de l’arbre. Les racines recevront en retour, par le biais de la photosynthèse des feuilles, des éléments nutritifs qu’elles stockeront et réutiliseront pour s’alimenter et croître.

Invisibles et souvent incomprises, les racines des arbres sont bien souvent ignorées ou trop peu prises en considération. Du moins jusqu’à ce que l’arbre présente des risques de se déraciner ou des symptômes de dépérissement. Là alors, des questions émergent, mais il est souvent trop tard ! Mais alors, qui sont ses alliés et que faire avant le drame afin de voir l’arbre en pleine forme le plus longtemps possible ?

 

La symbiose avec les champignons

Les champignons mycorhiziens, présents dans le sol depuis des centaines de milliers d’années, entretiennent une symbiose parfaite avec les racines des végétaux.

Le sol n’étant pas toujours très accessible pour les racines, les mycorhizes s’y développent facilement grâce à un réseau de filaments. Ces fins tissus, sont reliés aux racines et créent un immense réseau souterrain.

Pour l’arbre, cette symbiose est d’autant plus importante lorsqu’il est amené à vivre dans des conditions difficiles. Par exemple, un stress de sècheresse dû au manque d’espace disponible pour le système racinaire d’un arbre planté proche d’un parking. Ou encore, un apport en sel beaucoup trop élevé suite au déneigement d’un axe routier. Troisième exemple, un sol modifié et compacté suite au passage répétitif d’une machine sur un chantier. L’arbre m’en a dit des dizaines…

Tous ces facteurs modifient grandement la qualité d’un sol, la présence d’air, d’eau et de nutriments accessibles pour les racines. Ces 3 éléments sont essentielles pour l’arbre.

En symbiose, l’arbre partage sa sève, riche en glucides et autres nutriments nous l’avons vu, avec les mycorhizes qui vont l’utiliser pour leur propre développement. De son côté, le champignon jouera le rôle de rapporter à son hôte de l’eau, des sels minéraux et des nutriments.

Ces éléments sont principalement :

  • le phosphore
  • le zinc
  • le manganèse

Ces apports supplémentaires améliorent grandement la santé de l’arbre. Cela le rend plus résistant aux éléments et événements qui perturbent sa vie, qu’il pourrait rencontrer ou endurer pendant son développement.

 

Sous quelle forme ?

Les mycorhizes, sous l’aspect de longs filaments, forment un réseau gigantesque de mycélium. Tout au long de leur développement, ils secrètent des molécules, comme la glomaline, qui va enrichir et améliorer la structure du sol.

Parfait, si mon arbre vit en milieu forestier, alors il est forcément connecté à ce réseau et profite de cette symbiose. Mais s’il vit en

Amendement organique

Amendement organique

milieu urbain, comment recréer un sol fertile : apporter un amendement organique !

Un apport organique (mulch, terreau, brf, etc) est extrêmement riche en nutriments assimilables par les végétaux.

 

L’amendement organique

Dans le but d’améliorer la vitalité de votre arbre, une couche d’environ 5 à 10 cm peut être étalée tout autour de l’arbre sous sa couronne. Cette couche va avoir plusieurs effets favorisant le bon développement de l’arbre. Elle permettra :

  • D’isoler l’humidité du sol qui sera alors conservée
  • De protéger le sol, il sera nettement moins compacté ou victime d’érosion
  • De favoriser le développement de la vie (faune et flore) sous terre.
  • D’apporter l’amendement organique nécessaire aux végétaux. Ils bénéficieront de tout ce qui leur est utile et cela sur plusieurs années.

L’ Homme moderne a parfois tendance à oublier une règle de base : l’arbre nous vient de la forêt.

mycorhize

Mycorhize en stade avancée, Alex Shigo

En lui imposant les conditions de notre jardin ou de nos parcs, nous le stressons. Il est donc plus sensible à certains agents pathogènes ou ravageurs. Changer ses conditions de vie et lui apporter de la matière organique, c’est presque comme lui apporter un peu de sa forêt d’origine.

L’apport par l’homme de mycorhizes est un soin supplémentaire apporté aux racines dans le but de favoriser le développement de ce réseau. Mais avant de les enfouir dans le sol proche d’un arbre affaibli, il est important de distinguer deux types :

 

Les types de mycorhizes

  1. Les endomycorhizes, les plus répandues dans le sol, se formant dans les cellules racinaires et ayant comme partenaires les érables, marronniers, arbres fruitiers, sequoias ou thuyas.
  2. Les ectomycorhizes se trouvant principalement dans les écosystèmes et les sols forestiers, se développant en forme de manteau fongique tout autour du système racinaire. En symbiose avec les hêtres, chênes, bouleaux, pins ou encore épicéas.

L’ apport de champignons mycorhiziens peut s’avérer très efficace.

 

Des exemples d’utilisation ?

  1. Une plantation ou une mauvaise reprise d’un arbre récemment planté.
  2. Une amélioration des conditions du sol pendant ou après un chantier.
  3. Suite à une perte de vigueur d’un arbre colonisé par un pathogène.

Il est alors important de prendre en compte le type de mycorhize en relation avec l’espèce d’arbre, son stade de développement ainsi que le type de sol dans lequel il tente de survivre. Une fois ces éléments définis, on enfouit les spores mélangées à un terreau très fin, ou sous forme liquide, dans les 5 à 50 premiers centimètres du sol jusqu’à l’aplomb de la couronne. Cet apport peut être répété une fois par an sur plusieurs années afin d’obtenir de meilleurs résultats et de voir, après un à deux ans déjà, une nette amélioration de la vitalité de l’arbre.

 

Prenez donc le temps de regarder votre arbre, de voir où il pousse et demandez-vous s’il dispose de tout ce dont il a besoin ?

Une question, une remarque? Alors n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

 

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L'arbre m'a dit...

Spécialisé dans le domaine des soins aux arbres, arboriste grimpeur et passionné d’arbres et d’échanges, je travaille au chevet des arbres d’ornement de Suisse Romande depuis près de 10 ans.

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