Tronc de bouleau

« Entends ma prière ! » Le bouleau

J’ai la chance d’être un arbre aimé. Il faut dire que j’ai tout pour plaire. Élancé, souple, on aime mon ombre légère et mes jeunes rameaux pleureurs.

Temps de lecture : 4 minutes

Moi, le bouleau

La fiche technique

Nom latin : Betula
Famille : Betulaceae
Origine : Europe
Période de floraison : avril-mai
Couleur des fleurs : jaune pâle
Type de feuillage : caduc
Sève : vertus diurétiques
Bois : tendre et facile à travailler, à scier, tourner et sculpter, durable à l’état sec
Arbre : parc et jardin, pour son aspect environnemental
Les plus connus : pleureur, de l’Himalaya, 

Mon écorce

bouleau_ecorce

Ecorce blanche du bouleau

Pour me faire encore plus remarquer, j’ai une belle écorce blanche, cela surtout dans mon jeune âge et grâce à elle, tout le monde me reconnaît, c’est si original !

 

Mes qualités

 

Adaptabilité

Mais mes qualités ne sont pas uniquement tape-à-l’œil. Très rustique, je m’adapte à tous les sols, même les plus pauvres. Le froid ne me fait pas peur, je peux grimper jusqu’à 2000 m dans les Alpes. Je donne aux tourbières de la vallée de La Brévine et du Jura leur cachet incomparable. Je suis des forêts à moi tout seul dans le grand Nord, supportant aussi bien les étés sans nuit que les hivers sans lumière ! Ces qualités m’ont permis de supporter les glaciations du quaternaire. Je suis un véritable Nord-européen !

 

Utilité

Vous allez penser que je me vante mais en plus, je sais me montrer utile ; mon bois est utilisé pour la confection de petits objets, on l’apprécie brûlant dans la cheminée pour les belles couleurs des flammes teintées de bleu, on en fait du papier tout comme avec mon écorce, les indiens d’Amérique utilisaient cette dernière pour la construction de canoës; en Scandinavie, on en fait des tuiles. Et ce n’est pas tout, on m’utilise aussi pour tanner les cuirs et comme teinture.

 

Médicinale

La médecine reconnaît mes mérites ; mon eau a des vertus diurétiques, stimulant les reins, il débarrasse le sang des excès de graisse et d’acides.

 

Biodiversité

bouleau

Groupe de bouleau dans un parc public de l’est lausannois

Je suis un arbre dit pionnier ; je fais toujours partie des premières essences à coloniser un terrain où trop peu d’autres essences peuvent s’établir. Lorsque je finirai par mourir, mon bois nourrira la terre afin que d’autres végétaux puissent y pousser. Mes graines minuscules et volatiles sont emportées très loin par le vent. Comparé à d’autres arbres, je ne vis pas longtemps, 150 ans étant pour moi un âge plus que respectable.

 

Une grande famille

On rencontre principalement deux types de bouleaux à l’état sauvage dans nos régions : le bouleau verruqueux et le bouleau pubescent. Il existe beaucoup de similitudes entre nous deux ; le verruqueux, plus répandu ici, possède des rameaux plus pleureurs, son écorce devient plus vite crevassée et noirâtre que celle du pubescent. Ce dernier supporte mieux les sols gorgés d’eau. On trouve également un arbuste nain atteignant 1 m de hauteur, plus répandu dans les pays nordiques, il en existe dans certaines tourbières du Jura.

Parmi les nombreuses variétés ornementales du bouleau verruqueux, citons : – fastigiata au port étroit – purpurea au feuillage rouge – yougii au port pleureur. D’autres bouleaux exotiques ont été introduits de l’est de l’Amérique du nord, du nord de la Chine ou de l’Himalaya. Au total, nous sommes une quarantaine d’espèces dans le monde. Nous faisons partie de la famille des bétulacées en compagnie des aulnes, des noisetiers, des charmes et des ostrya.

 

Conclusion

Toutes ces qualités ont fait de moi l’un des arbres les plus plantés dans les jardins. Je mérite bien cet honneur. Mais les hommes agissent quelques fois de façon déraisonnée à mon egard. Souvent, à peine ai-je atteint la moitié de ma taille adulte, qui est d’environ 20 m, que de prétendus jardiniers s’acharnent sur moi en me coupant la tête et les bras, en me raccourcissant fortement les branches.

 

Je m’interroge

bouleau massacré

Bouleaux massacrés

Est-ce par ignorance, par manque de sensibilité, par habitude ? Je n’en sais rien, mais pour moi ces pratiques sont catastrophiques, et dans certains cas, mortelles !

Finie ma belle silhouette si gracieuse, bonjour les grosses blessures qui ne feront qu’empirer avec le temps, accélérant mon déclin. Et ne croyez pas que la couche de peinture soi-disant cicatrisante utilisée par ces massacreurs soit une consolation; c’est juste pour donner bonne conscience aux utilisateurs de tronçonneuse. Ne vous y méprenez pas, ma mort est proche.

 

Ils sont inconscients, incompétents, inhumains…ou humains ?

Agressifs, acharnés, incompétents,  ils n’ont rien compris de ce que je suis. Ils ne m’ont pas étudié, ils n’ont jamais pris la peine de savoir comment je fonctionne ou de quoi j’ai besoin. Je reste incompris, dénudé, démuni, meurtri, en silence. Je ne me plains jamais, pourtant je devrais, j’aurais de quoi…

Bouleaux

Bouleaux qui n’ont jamais subit les incompétences de l’Homme.

Je me plais bien dans mon coin de jardin, mais chaque année, quand vient l’hiver et que les jardiniers manquent de travail, je ne peux m’empêcher de frémir à chaque fois que je vois une camionnette s’arrêter près de chez moi.

 

Alors si vous aussi, vous avez un bouleau chez vous, par pitié, laissez-le tranquille, prouvez-lui que vous avez un cœur et une tête, laissez-lui la sienne.

text imaginé par Cédric Leuba, 1991
revisité par L’arbre m’a dit…, 2020

Une question, une remarque? N’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

 

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